mercredi 30 janvier 2019

La Hyène et les Moutons Jaunes


Jeune hyène égoïste, ambitieuse et perfide,
Eut vent que des moutons, comme c'est tradition,
Élisaient président, pour guider leur nation,
Il n'en fallut pas plus pour qu'animal décide,
À se rendre séant dans la contrée des loups,
D'autant qu'en eux vit elle, une parenté floue…

Elle eut soin de porter un fin déguisement,
En la peau d'un mouton mangé précédemment,
Pour feindre ainsi l'ovin et venir dans un champ,
Où paissait un troupeau en plein questionnement…

Elle étendit l'oreille au milieu des compères,
Pour sonder l'opinion et mener ses affaires,
Maline en politique et choses de pouvoir
Aiguisée à mentir et pleine de savoir,
Elle se présenta, en ces temps difficiles,
Comme une alternative sans conteste meilleure,
Au front du populisme engendrant grande peur,
Érigé en fascisme où la liberté meurt ;
Voulant fermer les prés à tous les prédateurs,
En faisant que l'ovin soit plus conservateur…

Tel fut bien le discours de la hyène sans honte,
Que sur un promontoire on voulut qu'elle monte :
"Je vous dis mes amis, que pour votre bonheur,
République qui marche, assurera valeur,
À chaque sacrifice comme à votre labeur,
Et qu'avec moi la gent ne vivra aucun leurre"…

Enivrés des propos du subtil carnivore,
Ce dernier, du mensonge et des peurs attisées,
Devint ainsi le chef du paisible herbivore,
Auquel il imposa réformes bien pensées,
Puis bientôt le grever d'un agneau prélevé,
Pour honorer contrat signé dans le secret
Avec meute de loups en chair rémunérés,
Et prendre bénéfice à ces festins volés,
Aux malheureux moutons ainsi esclavagés…

Morale s'il y a dans l'histoire contée,
Est qu'un peuple se doit, pour être bien mené,
De s'assurer qu'un pair soit de cela chargé,
Et qu'à y déroger on sert cause étrangère
Qui bien souvent y a, des intérêts contraires.

Fin

(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.

mardi 29 janvier 2019

Le Sang Jaune


Il s'est levé très tôt, bien avant le soleil,
Il est venu de loin en ce jour sans pareil,
Pour accrocher l'espoir à ses rayons dorés,
Pour durer jusqu'au soir dans la grande cité.

Aujourd'hui il viendra ,devant les ministères
Aujourd'hui il est là, pour dire sa misère,
Crier avec ce peuple qu'on a trop oublié,
Que ses enfants aussi méritent le respect…

Il est venu en paix pour montrer à ceux-là,
Qui ne pensent qu'à eux et qui ne savent pas,
Comme il est difficile à vivre sous leurs lois,
Et qu'il est aboli, ce temps des mauvais rois…

Du fond de sa campagne il vivait cette joie,
De découvrir enfin la ville de "lumière",
Il venait à chanter une simple prière,
Il venait à Paris pour la première fois…

Et il croyait que là, on l'écouterait mieux ;
Et il ne savait pas qu'on n'approche ces lieux,
Qu'en pleurant sous les gaz et une pluie de feu,
Il n'imaginait pas qu'on le traite de gueux…

Dans ce monde immobile où la finance est reine,
On ne dérange pas la grande souveraine…
Il ne comprenait pas le pourquoi des violences,
Quand la seule justice est simple doléance…

Et il ne savait pas combien grande est la haine,
Pour qui menace ainsi le pouvoir d'une gêne ;
Qu'il disperse la foule avec armes de guerre,
Et il ne savait pas en ramassant à terre,
Par des gardes de Paix, la grenade lancée ,
Sur leurs frères luttant pour plus d'égalité,
Qu'il payerait de sa chair pour avoir dit sa faim.
Pour aimer ses enfants, qu'il y perdrait sa main…

Fin
 
(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.

dimanche 27 janvier 2019

Le Pou, La Tique et La Puce Jaune


Un vénérable pou, connu pour érudit,
Menait la discussion, avec ses deux amies,
Une tique bourgeoise et une puce jaune,
Sur l'étymologie que sa race façonne,
En devenant préfixe au langage des hommes,
Qu'il leur tint ce discours, sur tout le sens que donne
l'arthropode et les siens, à construire l'idiome :
"Voyez mes chères comme, à vivre sur sa tête,
Sommet de sa personne, et d'où l'on peut tout voir,
l'humain a associé, l'insecte malhonnête,
Parasite inutile au terme de Pou-Voir"…
La tique "parvenue", piquée dans son égo,
Rétorqua sur un ton de mépris dans ses mots:
"Il semblerait aussi, à voir comment se rient,
Tous ceux qui sont en "Haut", de leur peuple asservi,
Qu'il convient de savoir que le préfixe aussi,
Qualifie un état corrompu de Pou -rri"…
Puis dans sa suffisance poursuivre avec aisance,
Un exposé de faits, servis sans complaisance :
"Ne voyez-vous combien l'humain dans ses affaires,
s'identifie aux miens, tant, qu'il créa l'impôt,
Pris sans discernement, qu'à nous ils se réfèrent,
Prélevant pauvres gens, sans toucher les plus gros,
D'aucun n'a jamais vu tique sur éléphant,
Plus apte à s'accrocher à quelque chien errant…"
Enfin d'un air moqueur et de l'orgueil enflée,
Lança belle tirade au pou interloqué :
"Il s'agit là monsieur, de simple Poli-Tique,
Qui feint un intérêt, pour un peuple Apa-Thique,
Se gavant sur son dos, sans aucune autre  É-Thique,
Que de nourrir sans fin ses travers Égo-Tiques"…

Puce jaune entendit - qu'il en soit du préfixe,
Beaucoup moins usité, que du commun suffixe
- Qu'il n'est à cet endroit, aucun point de hasard,
À ce qu'un langage, trahisse tôt ou tard,
L'inconscient collectif, en de telles images,
Révélées à son cœur, pour la rendre plus sage…

Fin
 
(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.

mardi 15 janvier 2019

Le Coq et ses Gentils Poulets



Au royaume du paon, dont nous avons parlé,
Notre ministre coq de la Sécurité chargé,
Un jour apostrophé par un rare animal
D'espèce menacée parce qu'il voit normal,
De dire vérité, au moment d'informer…
Qui ainsi demanda, quelques explications
Sur violence à moutons, directement liées
À l'ordre maintenu par poulets en mission.
Volatile rompu, aux questions qui dérangent
D'un ton très assuré lui donna donc le change.
Il affirma qu'il fut, tant d'ovins prédateurs,
S'attaquant à l'armée de forme injustifiée,
Soulignant le danger qu'est mouton enragé,
Obligeant ses poulets à être francs-tireurs…
Il n'est point assez clair, qu'il dût le dire encore
Qu'on abat un mouton devenu carnivore
Qu'en attendant qu'il fuie, pour tirer dans son dos,
Ou qu'il soit à genoux pour viser son museau…

Si l'investigateur, fut d'une espèce rare,
Il semble très banal et presque être une tare,
Qui affecte tous ceux chargés de gouvernance,
Dans manière qu'ils ont à nier l'évidence,
Pour mentir sans vergogne avec autant d'aisance,
Sorte de génétique, expliquant leurs errances.

Fin
 
(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.

lundi 14 janvier 2019

Le Coq Frustré et Les Moutons Jaunes


Au récit précédent, je vous contais l'histoire
D'un petit paon hautain qui souffrait les déboires,
De n'être qu'un pantin, usurpant un pouvoir
Confié par des "Parrains", qui œuvrent dans le noir…

Il est temps maintenant de vous dire combien,
Ce sombre ordre établit n'attire que les siens…

Je vous parlerai donc, de ce coq sans panache,
Que notre paon nomma, ministre des poulets,
Et à qui l'on confia, la difficile tâche
De garder des moutons jugés écervelés…

Il ne fallut longtemps, pour que gallinacé,
Vive dans sa fonction ses amours du passé,
Et se sente adoubé, comme dans sa jeunesse,
Par de nouveaux truands, cachés dans la noblesse…

Le coq est bien connu pour être domestique,
Et lorsqu'il est gonflé d'ambition frénétique,
Marionnette il devient; un despote égotique,
Fidèle serviteur des causes sans éthique…

Et tant ce fut ainsi, dans cette République,
Que l'on vit des blindés repousser des moutons,
Et qu'on tira aussi, sur l'ovin pacifique,
Sans de honte éprouver, ni simple compassion.
Si l'on jugea moutons de violences complices
Que dire de ce coq qui l'ordonne aux milices…

Morale on trouvera dans ces quelques couplets,
Que l'étudiant en droit devra se rappeler:

Celui qui a aimé des méthodes mafieuses,
N'échappe à sa nature aux fonctions plus sérieuses.

Fin
 
(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.

dimanche 13 janvier 2019

Le Petit Paon et les Moutons Jaunes (version courte)


Prétentieux petit paon, sur son perchoir juché
Jubilait de la ruse ayant pu l'amener,
À être des moutons empereur pour un temps.
Tout en faisant la roue, il édictait ses lois,
Oppressant les ovins qu'il jugeait fainéants,
Et enrichir de fait, quelques vautours sans foi.
Il rêvait en secret d'une autre condition,
Et d'un jour, devenir, comme ces charognards
Pour lesquels il n'avait qu'immense admiration…
Nos moutons, un matin, du pantin fatigués,
Abusés et trahis autant que méprisés,
De jaune vif grimés, menèrent rébellion,
Pour obtenir séant, du paon la démission…
Volatile entêté par le pouvoir grisé,
Envoya chiens casqués, pour mater l'insurgé,
Et de violence usa, pour rendre illégitime,
La misère d'un peuple affrontant des blindés.

Point mouton n'est connu pour révolutionnaire,
Et les leçons seraient de cette histoire austère…

Que le paon est oiseau, qui sait faire le beau
Cependant trop idiot, pour guider un troupeau,
Et que bête est l'ovin au jugement du sot.

Fin
 
(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.

mercredi 9 janvier 2019

Le Petit Paon et les Moutons Jaunes (version longue)

Je m'en vais vous conter, le récit bien austère,
D'un petit paon sans gloire, au pays de Voltaire,
Président de moutons, et de brebis à traire,
Que de sombres vautours à cette tâche aidèrent…

Les ovins ne pouvaient, par leur constitution,
Être représentés, pour mener leur Nation…
Triste démocratie qui n'offre qu'aux nantis,
Aux corbeaux corrompus par de mafieux partis,
La chance d'être élus, au sommet du pays…

Dans ce royaume agraire, il y eut élection,
Pour choisir nouveau chef et guider les moutons.
Ceux-ci, trop convaincus, qu'il n'est point bonne affaire,
De confier l'avenir à races étrangères,
Qui feignent un intérêt, différent de l'argent,
Gaspillant les deniers de la petite gent…

Point dupe n'est l'ovin, quand on le fait choisir,
Entre un paon ambitieux et une étrange hyène,
Qu'il préféra celui qui se nourrit de graines,
Plutôt qu'un carnassier cherchant son devenir.

À l'heure des discours, le paon usa de ruse
Et, fort de sa jeunesse, érigée en promesse,
Gagea d'un renouveau, la réforme en excuse,
Pour tromper nos moutons, qu'il croyait sans finesse.

Sans doute notre paon, guidé par son égo,
Pour plaire aux charognards qui furent ses mentors,
Usurpa le pouvoir et oublia à tort,
Que bête est l'animal quand le jugent les sots…

Il fit que soient tondus les moutons les plus vieux,
Comme contribution, à l'effort collectif,
Eux, qui de luxe n'ont, que ce manteau laineux.
Il fut ensuite hautain, en parlant des actifs,
Les disant réfractaires et même paresseux…
Ils les obligea donc, soucieux d'écologie,
À payer un impôt pour brouter dans les champs,
Taxe au déplacement, de moutons inconscients,
De leur terrible impact sur le milieu ambiant,
Coupables évidents du grand réchauffement…

Le petit paon, ainsi, scia sans le vouloir
Cette fragile branche, en guise de perchoir,
Où il faisait la roue, apanage d'un fourbe
Qui veut plaire à son maître et son échine courbe.

Despote démasqué, qui pensa tout savoir?

Pantin à son insu, d'un ignoble pouvoir
Usant bien des travers d'un pauvre volatile,
Égotique ambitieux devenu si servile,
Abandonné sera, s'il manque à sa mission,
Renvoyé au bourbier lié à sa condition.

Point mouton n'est connu pour être très rebelle,
Et sûr qu'il fallut là que le mépris soit grand,
Pour qu'à l'insurrection l'ovin docile appelle,
Humilié, oublié, trahi assurément.
Et que l'on considère enfin son existence,
Qu'il se teignit en jaune, au cœur de cette France.
Il occupa chemins et lieux de la finance,
Perturbant à son gré le cours des redevances.
Il donna le frisson, aux plus hautes instances,
Pour qui seul le profit donne à la vie un sens…

Le pédant petit paon, en toute indifférence,
Point n'entendit le fond et cru velléité,
Qu'il envoya ses chiens mater dans la violence,
Le chant du peuple ovin voulant sa liberté…
Il voulut que l'on pense ainsi des insurgés,
Qu'ils méritent potence, pour avoir dévasté
Capitale et province au feu de leur colère,
Quand tout fut orchestré depuis les hautes sphères,
À rendre illégitime une telle misère
Qu'elle amène moutons, à ne craindre la guerre…

Comme histoire le dit, du règne de ce roi,
Étonné que la gent soit en grand désarroi
Et devant son palais vienne brandir des pioches…
Ne comprit le gredin nourrit à la brioche,
Que lorsqu'un peuple à faim il n'accepte de miettes
Même du meilleur pain, car il n'est point mendiant.
Affamé de justice, il rêve dignement,
Vivre de son travail sans craindre la disette.

Cher, fut le prix payé, par cette marionnette,
Qu'à mépriser ses pairs, on lui coupa la tête.

Fin
(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.

 



La Tonte des Moutons Jaunes



Mille moutons dressés à la Sécurité,
En puissant Ministère étaient organisés,
Pour être dans les champs et protéger les leurs,
Des attaques menées par les loups dévoreurs,

Leur travail était rude et bien peu reconnu,
Obliger au respect des lois n'est pas bien vu,
Des bien-pensants ovins qui se voient opprimés,
Par l’État souverain freinant leur liberté,

Et pour ces raisons-là, il en restait trop peu
Qu'il n'en fut plus qu'un quart sécurisant les lieux,
Les trois autres affectés à la bureaucratie,
Que ce fut un danger pour la démocratie,

D'autant qu'on demanda qu'ils tondent sans merci,
Tous les récalcitrants à cet ordre établi,
Délaissant simplement et les loups et les champs,
Sur les routes attendant ces nouveaux délinquants,

On tondit à tout va les laborieux moutons,
A la sortie des prés pour futiles raisons,
Et pendant ce temps-là s'organisaient les loups,
En hordes de malfrats pour asséner leurs coups.

On laissa les troupeaux bien seuls et sans défense,
Et leur sécurité fut confiée en urgence,
Aux intérêts privés et protections douteuses,
Profitant de l'aubaine pour les rendre coûteuses.

Et la justice aidant en punissant plus fort,
Mouton qui herbe croque en grossissant ses torts,
Que le loup criminel à qui l'on trouve excuse,
d'une enfance ratée dont celui-ci abuse…

On vit dans ces contrées troupeau désabusé,
Qui de l’État ne voit que le mauvais côté,
De prétexte usant pour renflouer des caisses,
Qu'il vide impunément sans aucune sagesse…

Si l'on pouvait tirer quelconque enseignement,
De cette histoire vraie et triste assurément,
Il faudrait qu'on en dise sans aucune pudeur,
Qu'un tel gouvernement n'a aucune valeur,
Puisque par le mensonge, il permet l'injustice.
Notre histoire a prouvé que souvent gens punissent,
De telles marionnettes au pouvoir suspendues,
En leur coupant la tête au moment convenu.

Fin

(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur. 

La "Crise" et les Moutons Jaunes


Une intelligentsia de vautours fortunés,
Pensant que leurs magots pouvaient être en danger,
Organisèrent un jour dans le plus grand secret,
Réunion de nantis qu'ils nommèrent sommet.

Ils décidèrent là que pour garder richesse
Il fallait envoyer, un signal de détresse,
Prétextant que croissance se voyait à la baisse,
Et le suivant message adresser à la presse…

"Le temps de l'opulence approche de sa fin,
Dans cette société menée par les ovins.
Afin de la sauver, il faudra accepter
Qu'il faille l'adapter et même réformer…"

Ainsi l'herbe ou le foin et heures de pâture,
Seraient donc contrôlés pour la survie future,
Ils édictèrent lois visant à cet objet,
Et l'on manda huissiers pour les faire appliquer.

On appela le peuple à un plus grand civisme,
Et qu'il faudrait s'aider comme après un séisme,
Ainsi tous les moutons et brebis dans les prés,
Virent une évidence à leur précarité.

Et il s'organisa autour d'associations,
Volontaire partage appuyé par les dons,
Et dans chaque troupeau jusqu'au dernier agneau,
On crut nécessité à contrer ce fléau.

On parla de la «Crise» comme une maladie,
Et la télévision en fit l'épidémie.
Le monde pastoral ne parla plus que d'elle
Tant, que de tout problème on en fit la poubelle.

Et pendant ce temps-là charognards profitèrent,
Pour délocaliser, tout au bout de la terre,
Pâturages et prairies se disant acculés,
Annonçant aux troupeaux qu'ils devaient licencier…

Il faut entendre ici l'habile précaution,
Que si révolte on risque, à fourbe décision,
Il est simple souvent d'en dire que l'auteur,
Est une entité floue qui arrive d'ailleurs,
Et au peuple, en colère, parler de ce géant,
Aidé par des médias qui sont messe à l'écran,
En montrant ce fantôme, qu'ils font évènement.

On évite à vrai dire le regard pertinent,
Qui constate que crise enrichit mieux qu'avant,
Ces rusés fortunés qui la chérissent tant,
Embauchant des agneaux nés au soleil levant,
Pour accomplir labeur à coût inexistant.

Fin
 
(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.

Les Moutons et l'iPomme d'Adam


Un mouton parisien, s'en vint un beau matin,
Dans ce causse lointain poussé par le destin.
Un mouton très urbain qui l'herbe plus ne broute,
Préférant le foin sec, biologique sans doute,
Arrosé de parfum, de luxe assurément,
De cachemire et soie habillé joliment,
Tatoué dans le cou pour être moins banal,
Il croisa un troupeau qu'il jugea bien rural…

Il les enseigna donc au sujet d'un réseau,
Où le symbole dièse est alors chant d’oiseau,
Où la face d'un bouc garde l'intimité,
En montrant aux badauds une pomme stylée.
En Éden soudain le champ fut transformé,
En antique serpent le bellâtre changé,
Qu'il fit grande impression avec ce fruit secret,
Connecté au divin paraissant cet objet...

L'ovin n'est point connu pour son intelligence,
Et il fut assez simple au dandy citadin,
D'en faire publicité au milieu des crétins,
Prétextant qualité pour en faire l'évidence,
Du monde de demain comme une référence,
Alliant pouvoir immense, classe à la bienséance…

Moutons, brebis, conquis, un remède y trouver,
Qu'ils eurent ce besoin à vouloir posséder
À prix d'or cette pomme à qui confier leur vie,
Et comme Adam et Ève à des paroles pris;
Son perfide langage ajoutant "i" aux mots,
D'i-Gnorance abreuva la foule des i-Diots.

Si leçon est donnée il faudrait que l'on dise,
Que Panurge a trouvé symbole à la bêtise,
Qu'il aurait pu marquer d'une pomme croquée,
Ses moutons insensés qui tous se sont noyés,
Qu'une mode asservit tout type de troupeau,
En menant l'imbécile, à se jeter à l'eau.

Fin

 (c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.

mardi 8 janvier 2019

La Guerre des Moutons


Le peuple des moutons vécut un grand tracas
Quand quelques bien-pensants voulurent un État,
0ù seraient deux partis aux idées opposées,
visant à ériger meilleure société…

On vit alors deux clans bien marqués dans les champs,
l'un pâtura à gauche et ce fut amusant
De constater que l'autre à droite vint brouter,
Tandis que centre fut, plus ou moins délaissé.

Le premier dit "de gauche" pensait que tout mouton,
Qui vient naitre en ce monde est foncièrement bon,
Le second dit "de droite" arguait lui qu'il y a
Au milieu des ovins ceux qui ne le sont pas…

Un bélier déjà vieux regardant ce manège,
Exhorta le troupeau à éviter ce piège
Assurant à chacun que dans leur condition
Mieux vaut privilégier avant tout une union.

Mais on le crut sénile et ses propos futiles,
Quand il dit que penser pour paître est inutile,
Qu'il n'y a qu'un soleil pour éclairer la terre,
Et que devant la mort tous les moutons sont frères…

Mais sagesse et jeunesse sont ainsi étrangères
Que face au désaveu de tous ses congénères,
L'ancien choisit l'exil et quitta donc ces lieux,
En invoquant le ciel et la grâce de Dieu.

Dans chaque clan l'on vit quelques voix s'élever,
Briguer charge d'élu en garant désigné
De ces belles idées et ce fut confusion,
Tant, qu'au sein des partis, il y eu divisions.

Des loups tôt avisés de la discorde ovine,
Encerclèrent ce pré en léchant leur babines,
Ne voyant point bélier qui pourrait les blesser,
Parmi les petits groupes ainsi disséminés.

Leur attaque fut brève et l'on dut déplorer,
Qu'à droite autant qu'à gauche agneau soit dévoré,
Aux extrêmes et au centre on vit fuir le mouton,
Devant son prédateur dépourvu d'opinion…

Politique et idées en divisant souvent,
Fragilisent les peuples en opposant la gent.
Ainsi dogme à jamais, quand bien même puissant,
S'il ne mène à l'union, n'est qu'un poison violent.

Fin 

(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.

Les Moutons et la Face Cachée du Bouc


Il faudrait raconter et de belle façon,
Ce qu'il advint un jour, d'un troupeau de moutons,
Qui sembla envoûté pour se laisser mener,
Par un bouc à la face de blanc et bleu grimée.

L'animal encorné guidé par l'intérêt,
Offrit donc aux ovins la magie d'une page
Où seraient consignés leurs humeurs et secrets,
Acceptant tout ami à vivre le partage,

En flattant leur égo , il les fit exister,
Dans un nouvel enclos accrochant leur image,
Pour les rendre importants et mieux les dominer,
De manière perfide il les prit en otages.

Et l'endroit fût Eglise où la subtile messe,
Habilement portée par la publicité,
Enferma ses sujets dans une forteresse,
De bases de données par eux alimentées,

Elle devint religion, et son nom en tous lieux,
Même les bien-pensants, y obligèrent Dieu,
Et les Arts et la Science, et tous les dirigeants,
A y être adoubés, pour vivre dans ce temps,

La brebis Liberté ne put s'y résigner,
Et préféra le vert, et le ciel des sommets,
Au joug bien trop pesant de tous les murs naissants
De cette prison bleue, dont seul le nom est blanc.

Fin

(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur. 

lundi 7 janvier 2019

Le Mouton et le Dindon Artiste


Un mouton peintre en herbe un jour fut invité,
Chez un dindon célèbre à y prendre le thé,
Dans son château dédié à quelque vernissage,
De Versailles reflet pour initiés et sages.

Et le maître des lieux d'accueillir son convive
En hélant ce dernier du patio à voix vive :
"Bonjour, très cher mouton, rejoignez-moi ici !
Et venez admirer cette œuvre d'une vie."

Notre ovin très curieux, s'empressa d'un bon pas,
D'aller vers son mentor qui bientôt lui montra,
Relevant fièrement, un drap mis pour couvrir,
Plusieurs tâches obscures une toile noircir.

Le mouton consterné par autant de laideur,
Fut pourtant bon public et devant cette horreur,
Cacha bien son dégoût au dindon orgueilleux,
Et feignit malgré tout en ses mots astucieux,

De trouver esthétique et beauté à la croute.
Ce fut-là simplement, diplomatie sans doute
Quand il tint au dindon le langage suivant:
"J'admire l'œuvre ici d'un artiste si grand,

Renouvelant le genre de l'abstrait sublimé,
À l'instar de Rothko, en bandes alignées;
D'un art spirituel donnant sa dimension
À l'intellectuel et au Beau en fusion."

Devant le compliment, le dindon est aux nues,
Et réplique au mouton : "Celui-ci est vendu,
À Monseigneur le paon tombé en pâmoison,
Qui voulut promouvoir toute ma création,

Et m'en offrit séant jusqu'à mon poids en or
Sûr qu'en sa galerie, elle vaudrait plus encor !"
Le mouton vit qu'en art, peu importe parfois
l'émotion née du beau pourvu qu'un nom s'y voit.

Il comprit bien l'esprit d'une intelligentsia,
Dont profite l'artiste qui emboite son pas,
Quand chose ridicule étant par lui créée,
Devient œuvre majeure à sa notoriété.

Fin

 
(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.

samedi 5 janvier 2019

Les Moutons et la Télévision


Un berger avisé et malin de surcroit,
Voulait trouver moyen et méthode à la fois,
Vers un unique endroit, en masse faire aller,
Ses moutons et brebis, en troupeaux tout entiers,

Il usa de ses chiens, dont ont peur les ovins,
Pour tenter de guider mille bêtes en vain…
Puis il vint à penser que croire en une église,
Peut mener à la mort les gens qu'elle fanatise,

Il eut alors l'idée, dans les champs de prêcher,
Cependant ces moutons virent simple berger,
Et aucun d'entre tous n'accueillit un Seigneur,
Sa parole fut vaine et n'incita ferveur.

Religion ne fait plus tant recette qu'avant,
Ni l'enfer, ni ses flammes et ni même Satan,
N'impressionne aujourd'hui dans ces prés reculés,
Où l'on "tweet" et l'on "snap" en se disant athée…

Le progrès et la science ont rendu hermétiques,
Réflexion ou pensée qui se préfèrent uniques,
À ce jour "Follower" on nomme le suiveur,
Et mouton, en expert y trouve son bonheur.

Enfin notre berger, dans un trait de génie,
Ayant fait analyse de cette époque impie,
Décida simplement, qu'il userait d'écrans,
Pour la télévision, disposés dans les champs,

Il pensa sûr de lui, qu'émissions inutiles,
Que programmes idiots et débats trop futiles,
Administrés ainsi, en doses bien chargées,
Laveraient le cerveau d'animaux limités…

Du matin jusqu'au soir nos moutons abreuvés,
D'idioties calculées ou très bien programmées,
Sans jamais s'en douter, vivaient là une messe,
Où le prêtre perfide invite à la paresse,

En offrant les images qui flattent les travers,
De moutons sans sagesse, et même un peu pervers,
Qui font culte à l'écran, qui les rendrait voyeurs,
Regardant un crétin être star pour une heure,

Ressuscitant très bien, de cette Rome antique,
La grandeur de ses jeux, qui avaient lieu au cirque,
Nos moutons invités à être marionnettes,
Formataient peu à peu les pensées dans leur tête.

Le berger satisfait que recette primaire,
Ait eu tant de succès sur l'animal grégaire,
Fit dans son abattoir, télévision placer,
Et supprimer des champs tout écran connecté,

L'addiction des moutons eut pour terrible effet,
Eux qui pour rien n'auraient, d'un spot télévisé,
Pu même envisager d'en manquer un moment,
S'en vinrent par milliers où la mort les attend…

L'histoire est ici simple et prouve s'il le faut,
Que pour manipuler, la masse des troupeaux,
L'image diffusée agit sur le cerveau,
Comme une épidémie ou quelque autre fléau.

Fin

 (c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.

Le Mouton et le Scarabée


Un mouton qui broutait la verte herbe d'un pré,
Se vit interpellé par quelque scarabée,
Qui d'un ton agacé lui dit à haute voix :
"Messire prenez garde à ne point m'écraser,
Il y a d'autres gens qui vivent à vos pieds !"
Étonné du discours le mouton reste coi,
Et l'insecte à nouveau d'ajouter cette fois :
"Sans même le savoir en toute indifférence,
Vous piétinez sans cesse, mon peuple sans défense."
Notre ovin circonspect fut dans le désarroi,
N'ayant jamais pensé être un jour accusé
D'avoir tel préjudice ou dommage causé,
À tant de créatures qu'il n'avait remarquées,
N'osa plus cil bouger, ni même respirer.
Et l'insecte d'un bond, posé sur son museau,
Tint à notre mouton ce pertinent propos :
"Vous, placides bestiaux qui parcourez les champs,
Assurément de nous mille fois bien plus grands,
A chacun de vos pas portés vers l'horizon,
Vous que l'on plaint souvent, en toute compassion,
Envoyez à la mort par dizaines les miens,
En croyant être seuls à disposer d'un bien."
Le mouton stupéfait de cette vérité,
Regarda s'envoler l'insecte cuirassé,
Qui tout en s'éloignant cria ces derniers mots :
"Regardez bien plus loin que votre monde clos;
La grandeur véritable est d'avoir la conscience,
De faire partie d'un tout et louer cette chance."
Notre ovin ébahit par tant de clairvoyance,
D'une bestiole vue pourtant sans importance,
Vit toute l'étendue de sa grande ignorance,
Et les offenses faites à sa courte existence.

Il entendit alors cette grande leçon,
Et toute la sagesse apprise à son insu,
Que vérité dépend de ce seul point de vue
Depuis lequel on croit que toutes choses sont.

Fin

(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.  

vendredi 4 janvier 2019

La Licorne et La Sirène


Je m’en vais vous conter un récit insolite,
Une légende ancienne où commence le mythe,
D’une blanche licorne et de belle sirène ;
D'un amour impossible entre deux souveraines…

Nous parlerons ici d'il y a très longtemps,
Bien avant de penser au récent mouvement,
Qui permet de s'aimer au-delà de son sexe
Et que telle question n'a plus rien de complexe…

Notre belle licorne, attirée par les flots,
S'approcha un matin, pour se voir dans cette eau,
Quand de grande surprise elle n'y vit son reflet,
Mais un être doté de grande volupté,
Tournoyant dans le bleu de cette onde immobile,
Où la forme est de grâce, et se joint à l'habile.

Licorne interpelée par beauté de l'ondine,
Victime à son insu, de quelque œuvre divine,
Invita la sirène à venir au plus près,
De l'abrupt rocher d'où elle regardait.

Notre belle aquatique aussitôt subjuguée,
Par l'allure élancée de ce beau quadrupède,
À qui pelage blanc la nature concède
Et un bel appendice en sa corne dorée…

Aucun ne vous dira ce qui à ce moment,
Fit que belle licorne et la sirène autant,
Les deux au même instant, transpercées dans le cœur
Par les flèches tirées d'un Cupidon joueur,
Voulurent à jamais leurs destins conjuguer…
Et la plus chevaline à la mer se jeter;
L'autre à s'y empaler pour au fond l'entrainer,
Qu'on déplora la mort des belles enlacées.

S'il y avait leçon, au cœur de ces trépas,
Il conviendrait de dire que la passion parfois,
Dépend du point de vue, qui l'analysera…
Et qu'Amour en cela répondrait à deux lois :
Soit n'y voir qu'idiotes, qu'il leur fallut mourir,
Où que fut leur Salut ce funeste avenir…

Fin
 
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