mardi 8 janvier 2019

La Guerre des Moutons


Le peuple des moutons vécut un grand tracas
Quand quelques bien-pensants voulurent un État,
0ù seraient deux partis aux idées opposées,
visant à ériger meilleure société…

On vit alors deux clans bien marqués dans les champs,
l'un pâtura à gauche et ce fut amusant
De constater que l'autre à droite vint brouter,
Tandis que centre fut, plus ou moins délaissé.

Le premier dit "de gauche" pensait que tout mouton,
Qui vient naitre en ce monde est foncièrement bon,
Le second dit "de droite" arguait lui qu'il y a
Au milieu des ovins ceux qui ne le sont pas…

Un bélier déjà vieux regardant ce manège,
Exhorta le troupeau à éviter ce piège
Assurant à chacun que dans leur condition
Mieux vaut privilégier avant tout une union.

Mais on le crut sénile et ses propos futiles,
Quand il dit que penser pour paître est inutile,
Qu'il n'y a qu'un soleil pour éclairer la terre,
Et que devant la mort tous les moutons sont frères…

Mais sagesse et jeunesse sont ainsi étrangères
Que face au désaveu de tous ses congénères,
L'ancien choisit l'exil et quitta donc ces lieux,
En invoquant le ciel et la grâce de Dieu.

Dans chaque clan l'on vit quelques voix s'élever,
Briguer charge d'élu en garant désigné
De ces belles idées et ce fut confusion,
Tant, qu'au sein des partis, il y eu divisions.

Des loups tôt avisés de la discorde ovine,
Encerclèrent ce pré en léchant leur babines,
Ne voyant point bélier qui pourrait les blesser,
Parmi les petits groupes ainsi disséminés.

Leur attaque fut brève et l'on dut déplorer,
Qu'à droite autant qu'à gauche agneau soit dévoré,
Aux extrêmes et au centre on vit fuir le mouton,
Devant son prédateur dépourvu d'opinion…

Politique et idées en divisant souvent,
Fragilisent les peuples en opposant la gent.
Ainsi dogme à jamais, quand bien même puissant,
S'il ne mène à l'union, n'est qu'un poison violent.

Fin 

(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.