samedi 2 février 2019

Le Bélier et la Jeune Brebis



Un bélier d'âge mûr, et rompu aux pâtures,
Solitaire à ne vivre aucun amour qui dure,
Convaincu maintenant pour avoir trop cherché,
Qu'inutile est la quête d'un bonheur à trouver

Partageait le labeur près de jeunes moutons,
Sécurisant l'endroit sans envie ni passion,
Fixant son horizon, à ce moment venu,
De partir en retraite en un lieu inconnu.

Au début d'un printemps à la fin d'un beau soir,
De capitale vint, brebis en ce terroir,
Le bélier n'y pris gare et préféra rester,
Dans son champ éloigné de la douce beauté.

Il restait à l'écart, taciturne et secret,
Quand les jeunes attirés, à femelle faisaient
Une cour effrénée, pour être remarqués,
Lui, jouait simplement l'ancien désabusé…

Est-ce l'indifférence ou la sincérité,
Qui plurent à la belle afin de susciter,
En elle un intérêt pour notre vieux bélier,
Qu'inconsciemment alors son regard fut changé.

Il en fut donc ainsi, que même intimidés
Chaque jour un peu plus ils se sont rapprochés,
L'un se sentant trop vieux et l'autre prise au piège,
De sentiments confus qui font briller les yeux,

Ils connurent idylle où ils furent heureux,
l'un se sentant moins vieux et l'autre comme reine,
N'était-ce là que rêve à ne durer qu'un peu ?
Morale et conventions à un moment reviennent,

Et dans la tête d'un, bien trop jeune elle était,
Quand dans celle de l'autre assumer elle tentait,
D'oser aimer bélier de beaucoup son aîné,
Qu'ils durent à la norme ensemble se plier.

Et de la triste histoire il ne saurait rester,
Que le très simple adage en ultime couplet,

Qu'il faudrait toujours voir le bonheur de s'aimer,
Comme un cadeau divin quand il nous est donné,
Qu'à vouloir l'affirmer, exister prend un sens,
Et qu'à le refuser on y perd son essence.

Fin

 
(c) 2019 Gilles LesJaunes - Tous droits réservés et utilisation interdite sans autorisation préalable de l'auteur.