jeudi 21 février 2019

Les Brebis et le Loup (Acte 1)




Un général ovin, officier de haut rang,
Menait sa garnison de cent bestiaux dressés,
A assurer la Paix et la Sécurité,
Sous les ordres d'un roi, de lignée et de sang.

Un beau matin s'en vint de contrée éloignée,
Un loup perfide et laid déguisé en bélier,
A qui trois compagnies, furent vite confiées,
De brebis et moutons à rendre plus guerriers,

Mais le loup fut malin et sans tarder usa,
Du pouvoir de son grade comme vil scélérat,
Et tenta de garnir de brebis son sérail,
Que pour tout raconter, ce fut son seul travail.

Trois brebis inquiétées par le ton si grossier,
Du fourbe usurpateur, sans classe ni respect,
Répondaient aux assauts par le simple mépris,
Espérant du pervers qu'il aurait bien compris,

L'animal sans honte par le désir guidé,
Sur l'une d'entre elle, jeta son dévolu,
Qu'à la traque effrénée échapper elle ne put,
Tant qu'un matin de force, il voulut la croquer.

L'officier informé du terrible méfait,
Demanda donc au loup d'ici se justifier,
Ce qu'il fit sans tarder en disant de la belle,
Que parmi les soldats il n'y a de pucelle,

Le mouton bien-pensant, doué pour décider,
Invita donc le loup à être plus discret,
L'incompétence aidant, femelle fut jugée,
D'un délit de beauté et de féminité.

Et le loup fut souffrant, et on crut le faussaire,
Supposant que le temps étoufferait l'affaire,
Et quand il revint là, on dit à la brebis,
De ne point s'embellir, et l'éviter ainsi,

Général magistral, montrant là tout son flair,
Pour connaître ses gens et savoir leur valeur,
Le bon roi avisé le laissant ainsi faire,
Tant pis pour la brebis, sa survie, son honneur,

Commander est un art, qu'il faut bien posséder,
Et c'est quand l'heure est grave, qu'il faut le révéler,
Le panache et la gloire sont dans les décisions,
Et non pas dans le port d'un quelconque galon.

Fin

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